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PORTRAIT : ASSETOU DIALLO OU CELLE QUI REVE DE ZERO VBG DANS LE CERCLE DE DIEMA

Dans le Cercle de Diéma comme partout, on rencontre des femmes courageuses, dévouées, qui s’adonnent quotidiennement à leurs petites activités lucratives pour assurer leurs besoins et renforcer l’économie de leurs familles. Elles se lèvent avant tout le monde et sont toujours les dernières

personnes à poser la tête sur l’oreiller. Les dynamiques Assétou Diallo et Goundo Keita par leur courage et leur détermination ont suscité l’admiration de tous leurs concitoyens. La première réside dans la ville de Diéma, tandis que la seconde vient de Dioumara

Assétou Diallo : Elle rêve de zéro VBG dans le cercle

La militante Assétou Diallo est native de Kati. Elle est âgée de 39 ans, et célibataire sans enfants. Juriste de formation, cette dame dynamique est membre du Conseil local de la société civile de Diéma. Le rêve qu’elle caresse depuis longtemps, est que le Cercle de Diéma enregistre zéro cas de Violences basées sur le genre (VBG). Elle considère les brutalités exercées sur la femme comme un crime abominable. Cette criminalité doit être totalement bannie de notre société.

Dans le Cercle de Diéma, la pratique des VBG est devenue monnaie courante. Ici, plusieurs femmes, subissent à longueur de journées, des coups et blessures volontaires de la part de leur mari, leurs coépouses ou un autre membre de la famille. Quoi qu’il arrive, on évite d’informerles autorités pour ne pas compliquer davantage l’affaire. à moins que la victimene décide d’aller porter plainte. « Le linge sale se lave en famille », disent certains. Malgré l’intervention des ONG et associations, les VBG ont encore de beaux jours devant elles dans le Cercle de Diéma. De nombreuses femmes en souffrent énormément.

Ces victimes n’ont aucun pouvoir décisionnel. Leur avis ne compte pas généralement. Elles sont laissées pour compte, ne sont pas libres de leurs mouvements, et jouissent rarement du soutien des hommes.

Depuis 2012, Mme Assétou Diallo dirigeait l’Association des juristes maliennes (AJM) en partenariat avec l’Agence espagnole pour la coopération Internationale et le développement(AECID). L’AJM menait une multitude d’activités dans le Cercle de Diéma, relatives aux causeries-débats et aux émissions radios sur une gamme variée de thèmes, notamment, le mariage précoce d’enfants, la scolarisation des filles et leur maintien à l’école, l’excision, la malnutrition, la résolution des conflits conjugaux.

L’activité phare du projet a consisté à la mise en place des comités de défense des droits des femmes et des filles dans les quinze communes du Cercle de Diéma. Ces structures mènent des activités de plaidoyer dans le cadre de la lutte contre les VBG.

La prise en charge judiciaire des cas de femmes victimes de VBG par des avocats mis à leur disposition, la nécessite de se mettre à l’écoute des victimes de VBG afin de les orienter selon leur consentement. Toujours aux aguets, chaque fois qu’Assétou Diallo apprend qu’il y a un conflit au sein d’un couple, elle enfourche sa moto MAT 80 pour aller tenter de réconcilier l’homme et la femme. Elle cherche à éviter à tout prix le divorce.

Mais ce lancinant travail de médiation ne va pas souvent sans difficultés. Combien de fois, cette dame s’est vue repoussée, ridiculisée ? Elle est traitée de femme irresponsable, sans vergogne, à cause certainement de son statut matrimonial. Malgré ces invectives et ces comportements désobligeants à son égard, elle poursuit son travail pour le bonheur des femmes.

Cette femme ne manque pas d’initiatives pour organiser les femmes en associations et les orienter vers des activités génératrices de revenus. La pacifique Assétou Diallo fait tout son possible pour régler à l’amiable les malentendus entre le mari et son épouse,pour éviter de lestransporter devant la justice.

Elle ne garder aucune rancune contre les personnes qui la repoussent. Cette femme affable et courtoise pardonne toujours à celui ou celle qui l’offense. Un jourelle a demandé à un homme d’arrêter de battre sa femme comme un âne. L’irascible époux sorti de ses gongs a failli porter la main sur elle. Il s’est retenu mais a vociféré ces propos : « Ma femme m’appartient, même si je la tue, ce n’est pas votre problème » .

Cette battante a réussi à empêcher plusieurs projets de mariagesprécoces d’enfants orchestrés dans le Cercle de Diéma.

Lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts des femmes, Assétou Diallo nereste pas sans réaction. Elle attend la reprise de son projet AJM, en panne depuis plusieurs mois, pour poursuivre ses activités de sensibilisation. Elle est déterminée à réussir un changement radical du comportement brutal des époux à l’égard des épouses dans le Cercle de Diéma.

Ouka BA
AMAP-DIEMA (article publié dans le quotidoen national L'essor. Lien ci-après : https://www.lessormali.com/diema-ces-battantes-ont-merite-de-leur-commun... )